Vous avez entendu parler du cadmium dans les pâtes ? Nous aussi. Et plusieurs d’entre vous nous ont posé une question toute simple : « Et dans vos pâtes, alors ? »
Plutôt que de répondre au doigt mouillé, nous avons fait analyser.
Chez Papote, nous sommes producteur de pâtes : notre blé dur pousse chez nous, à la Ferme des Grandes Tuileries à Sézanne (51), avant d’être transformé en pâtes artisanales françaises.
Cette proximité nous donne aussi une responsabilité : savoir ce que nous produisons et être capables de vous en parler simplement.
Alors, parlons du cadmium. Sans dramatiser, sans minimiser et surtout sans prétendre être experts du sujet.
Le cadmium dans les pâtes : c’est quoi exactement ?
Le cadmium est un élément naturellement présent dans l’environnement, notamment dans certains sols. Il peut également provenir de différentes sources liées aux activités humaines. Il peut passer du sol aux plantes et donc se retrouver dans certains aliments. L’Anses s’intéresse notamment à cette problématique, puisque l’alimentation constitue l’une des voies d’exposition de la population au cadmium.
Cela ne signifie évidemment pas que tous les aliments contiennent les mêmes quantités de cadmium. La question est celle de l’exposition globale et des niveaux effectivement mesurés. Et c’est justement pour cela que nous avons préféré regarder ce qui se passe chez nous.
Cadmium et céréales : que dit la réglementation européenne ?
L’Union européenne fixe des teneurs maximales pour certains contaminants présents dans les aliments, dont le cadmium. Pour les céréales, le règlement européen distingue plusieurs catégories.
Pour les céréales : 0,10 mg/kg
Le règlement (UE) 2023/915 fixe une teneur maximale de 0,10 mg/kg pour la catégorie générale des céréales mentionnée au point 3.2.12.1 de son annexe I.
Mais le blé dur fait l’objet d’une disposition spécifique.
Pour le blé dur : 0,18 mg/kg
Au point 3.2.12.4, le règlement fixe spécifiquement la teneur maximale pour le blé dur (Triticum durum) à : 0,18 mg/kg de cadmium. C’est donc cette valeur qui constitue notre repère réglementaire pour les analyses de notre blé dur.
Et pour les pâtes ? Le règlement ne comporte pas une ligne disant simplement « pâtes = 0,10 mg/kg ». Les règles européennes prévoient également des dispositions pour les aliments transformés.
Plutôt que de vous donner un chiffre sorti de son contexte, nous préférons donc vous présenter clairement nos résultats et les mettre en regard du repère réglementaire applicable à notre matière première.
Alors, combien de cadmium dans nos pâtes ?
C’est finalement la question qui nous intéresse le plus. Nous avons fait analyser un échantillon de nos pâtes fabriquées à partir de blé dur cultivé et récolté en 2025.
Le résultat ?
0,03 mg/kg de cadmium
Pour donner un repère simple, cela représente environ 6 fois moins que la valeur de 0,18 mg/kg fixée par la réglementation européenne pour le blé dur.
Nos pâtes : 0,03 mg/kg
Repère réglementaire pour le blé dur : 0,18 mg/kg

Autrement dit, le résultat mesuré sur cet échantillon représente environ 17 % du repère réglementaire fixé pour le blé dur. L’analyse a été réalisée par un laboratoire accrédité COFRAC.
Cette comparaison ne signifie pas que la réglementation fixe une limite de 0,18 mg/kg pour les pâtes finies. Il s’agit bien du repère réglementaire fixé pour le blé dur, matière première de nos pâtes.
Et dans notre blé dur récolté en 2026 ?
Nous avons également fait analyser deux lots de blé dur issus de la récolte 2026.
Les résultats sont les suivants :
Lot 1 — blé dur 2026
0,019 ± 0,008 mg/kg
Soit environ 9,5 fois moins que le repère réglementaire de 0,18 mg/kg pour le blé dur.

Lot 2 — blé dur 2026
0,029 ± 0,013 mg/kg
Soit environ 6,2 fois moins que ce même repère réglementaire.

Pour visualiser les choses simplement :
| Analyse | Cadmium mesuré | Repère réglementaire blé dur |
|---|---|---|
| Pâtes Papote – blé récolté en 2025 | 0,030 mg/kg | 0,18 mg/kg |
| Blé dur Papote – lot 1, récolte 2026 | 0,019 ± 0,008 mg/kg | 0,18 mg/kg |
| Blé dur Papote – lot 2, récolte 2026 | 0,029 ± 0,013 mg/kg | 0,18 mg/kg |
Ces chiffres permettent de se faire une idée concrète de l’ordre de grandeur de nos résultats par rapport au repère réglementaire applicable au blé dur.
Nos pratiques agricoles ont-elles un rôle à jouer sur le cadmium dans nos pâtes?
Une question nous est rapidement venue : puisque le cadmium peut être présent dans les sols, est-ce que nos pratiques agricoles ont une influence ? Nous n’allons pas prétendre avoir la réponse à tout.
En revanche, nous pouvons vous expliquer comment nous cultivons notre blé. Sur la ferme, nous privilégions autant que possible les apports d’engrais organiques : fumier, compost… (Bref, du caca et du pipi. 😄)
Nous utilisons également très peu d’engrais phosphatés.
Pourquoi le préciser ? Parce que certains engrais phosphatés peuvent constituer une source de cadmium dans les sols. Mais l’absence ou la faible utilisation de ces engrais ne garantit pas à elle seule l’absence de cadmium.
Le cadmium peut aussi être naturellement présent dans les sols.
Notre raisonnement est donc assez simple : plutôt que de déduire un résultat de nos pratiques agricoles, nous préférons mesurer ce qu’il y a réellement dans nos récoltes.

Que peut-on vraiment conclure de ces analyses ?
Pas besoin de leur faire dire plus qu’elles ne disent.
Nos analyses montrent que :
- notre échantillon de pâtes issu du blé récolté en 2025 présentait 0,03 mg/kg de cadmium ;
- les deux lots de blé dur analysés issus de la récolte 2026 présentaient respectivement 0,019 ± 0,008 mg/kg et 0,029 ± 0,013 mg/kg ;
- ces résultats sont nettement inférieurs au repère réglementaire de 0,18 mg/kg fixé pour le blé dur.
Ces analyses ne permettent pas de conclure sur toutes les pâtes du marché, ni de faire un classement entre producteurs. Nous voulions simplement savoir ce qu’il en était de nos produits et pouvoir vous donner une réponse basée sur des analyses plutôt que sur une supposition.
Transparence alimentaire : le lien direct avec votre producteur
Pour nous, la transparence alimentaire ne consiste pas seulement à afficher une jolie photo du champ ou à raconter l’histoire de la ferme. C’est aussi pouvoir donner des informations concrètes sur ce que nous produisons.
Quel blé cultivons-nous ?
Où est-il cultivé ?
Comment est-il transformé ?
Et que révèlent les analyses réalisées sur nos produits ?
Nous n’avons pas toujours toutes les réponses immédiatement. Mais lorsque vous nous interrogez, nous pouvons chercher, vérifier, faire analyser lorsque c’est pertinent et revenir vers vous avec des éléments concrets.
C’est aussi l’un des intérêts du circuit court et de la vente directe : remettre un peu de lien entre celui qui produit et celui qui consomme.
Votre façon de consommer fait aussi vivre votre territoire
Choisir un produit, ce n’est pas seulement choisir ce qu’il y aura dans son assiette. C’est aussi, à son échelle, participer à une économie.
Choisir des pâtes fabriquées en France, et lorsque c’est possible des pâtes artisanales françaises produites à partir de blé cultivé localement, c’est soutenir une ferme, un atelier de transformation, des savoir-faire et des emplois sur un territoire.
Chez Papote, nous avons fait le choix de cultiver notre blé, de le transformer nous-mêmes et de vous proposer des pâtes fabriquées à la ferme.
Cette proximité nous permet aussi de vous apporter une information directe sur nos produits. Et lorsque vous posez une question, vous nous donnez l’occasion de chercher la réponse et de vous la partager.
Chez Papote, on préfère les faits aux suppositions
Nous n’avons pas voulu faire de cet article un cours sur le cadmium. Nous ne sommes pas experts du sujet. Nous sommes simplement producteur de pâtes, agriculteurs et transformateurs, avec une matière première que nous cultivons nous-mêmes.
Alors quand une question se pose, nous essayons de faire ce que nous savons faire : regarder ce qui se passe chez nous, analyser lorsque c’est pertinent et partager les résultats. Pour le cadmium, nos analyses donnent aujourd’hui des résultats nettement inférieurs au repère réglementaire applicable au blé dur.
Et surtout, elles nous permettent de répondre à la question que vous nous avez posée. Vous avez demandé. Nous avons vérifié. Voilà ce que nous avons trouvé. Et finalement, c’est peut-être ça aussi, la transparence alimentaire.
Nos sources


